DOMINIQUE LE BARS – Poète et rockeur indé sur Soundcloud/ Bandcamp

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« LA GUERRE DES ECRANS

Allons enfants humanoïdes
Fils du soleil et de la mer
La guerre des écrans est déclarée !
Avec nous, quarante siècles de pyramides,
La Joconde, une saison en enfer..
Dans nos rangs presque huit milliards de fêlés
En face, les points-zéros avides
Algorithmes en rut enrôlés
Une armée de pixels prêt à tout pour gagner
La guerre des écrans…

Les enfants, tout cela n’est que folie
Plus besoin des Dieux ce matin
On vous racontera le temps des cerises électriques
Des sirènes de lunes aux datas sans fins
S’écorchant dans l’ écume
Aux arbres citoyens !
L’on m’écorce et je clique et je like et follow..
Sur le flot des écrans arctiques
Je bouffe mon cerveau dont l’essence est unique !
La guerre des écrans…

Accroupis dans ma régression
A l’ombre de la dernière zone blanche
Je ronge mes jours jusqu’au trognon
J’ai le passé mélancolique
A respirer champs de parfums, chimères autres que numériques
Sous le crâne des villes j’entends parfois vriller le vent
Mauvais, puant, trompeur et vil
C’est la guerre des écrans..

Dominique Le Bars 11/2019 »

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« Ce type est en feu: gants recommandés! Nous aimerions bien le voir apparaître au Québec pour quelques dates. BlueToad est un solide fan de Le Bars! Et avec toutes les guerres sur le trottoir, peut-être que le climat s’emballerait en guise de bienvenue?! » – danleMiel

Pourquoi cela n’arrive qu’à moi? – Daniel Guimond, Éditions Balzac Le_Griot, 1999

Pourquoi cela n’arrive qu’à moi?
Éditions Balzac Le Griot – 1999, Paris, Montréal :ISBN: 2921468425

Prologue

Hier, quand on l’a abattu sous mes yeux, je ne disposais d’aucun moyen pour empêcher ce crime-là plutôt qu’un autre. D’autant plus que Eve et moi escaladions une passe particulièrement pénible. Les crevasses qui, depuis belle lurette, lézardaient les assises de notre relation pourtant solide, nous menaçaient d’un glissement de terrain imminent, à tel point que j’avais prétexté un soudain malaise pour me tirer du boulot.Je suis rentré à l‘appartement, bien résolu a marcher sur la corde raide au-dessus du gouffre mais elle était partie faire des courses, et par une journée aussi ensoleillée, cela ne lui ressemblait, alors là, pas du tout !

Toujours est-il que, vers treize heures, j’attendais son retour en sirotant un whisky, au dernier étage d’un immeuble bordé d’arbres centenaires, dans notre appartement parsemé de baies panoramiques, avec vue sur un square aux allures victoriennes, – de sorte que nous avions renoncé à accrocher des rideaux -, j’admirai longuement les faisceaux irisés qui dansaient dans mon verre comme dans un kaléidoscope. Des mésanges s’ébrouaient à proximité, folâtrant aux branches du grand érable plaine. Ma présence ne les importunait guère plus que celle de l‘homme invisible

Je descendis chercher le courrier. Je feuilletai le contenu des enveloppes, refrénant l’impulsion de flanquer à la poubelle les notes de téléphone et d’électricité. Les nouvelles désobligeantes arrivant toujours en groupe, la dernière d’entre elles n’était pas des moindres…: un avis signé par le responsable des travaux publics décrétait que la voirie se préparait à passer à l’acte.

Je me suis aussitôt remémoré une conversation avec un de nos voisins, qui jurait que les arbres, à la source de notre engouement pour cet appartement, finiraient par être coupés. Étant donné qu’on les avaitétranglés dans le bitume, m’avait-il confié,cela ne représenterait pas une bien grande perte ! Ça lui épargnerait de ramasser les kilos de samares qui dégueulassent annuellement sa voiture.

Autant vous dire qu’Eve vouait une adoration toute particulière à ces arbres. J’avais jugé préférable de garder l’entretien en question secret. Je vérifiai toutefois la date sur l’avis et sur le calendrier. Nul besoin de chercher plus loin : tout concordait irrémédiablement. Je pliai la lettre, la fit disparaître dans la poche de mon bermuda et tentai de le chasser de ma mémoire. J’espérais seulement qu’Eve n’aurait pas vent de cet assassinat avant que je ne trouve le courage de lui en parler.

Eve, de tout temps sensible à ce genre d’attention, ne resterait pas froide à mon projet de déjeuner en tête-à-tête. Je sortis du placard des plats colorés, et paraila table comme pour une fête, malgré un moment d’hésitation devant la pénurie compromettante de denrées au frigo. C’était là l’essentiel de ma stratégie, quand le bip-bip familier d’un engin motorisé qui recule fit déguerpir mes petits copains les oiseaux. Je me ravisai, et me laissai piquer au jeu ; juste en bas, un camion à nacelle manœuvrait vis-à-vis de l’immeuble.

Il se gara, pour ainsi dire à bout portant. Deux types en descendirent se déplaçant avec cette lenteur propre aux employés municipaux. Ces deux là étaient définitivement syndiqués. L’un des deux procéda à la délimitation d’un périmètre de sécurité autour du tronc de l’arbre, tandis que l’autre extrayait un Thermos d’un sac planqué à l’arrière de la plate-forme.

Je gardais, en remuant la salade, un œil inquiet sur ce que trafiquaient ces deux envoyés spéciaux. J’allumai le transistor lorsque les ennemis jurés de la nature entamèrent leur gueuleton. Je tranchai du pain, sortis le beurre et préparai une vinaigrette. Tel un chirurgien, je me lavai avec application les mains comme si je pouvais en éliminer les germes du grave problème sur le point de devenir mien. A la radio un journaliste énumérait les catastrophes qui avaient secoué la planète depuis l’aurore : vague d’attentats, génocides en série, hausse des infanticides, baisse du taux de natalité, excès de dépenses au Sénat… Clic ! J’en avais assez entendu…

Je fouillais dans le dernier tiroir de gauche, à la recherche de quelques nappes colorées quandpar la plus pure des coïncidences, je découvris une pile de magazines, – qui croyez-moi si vous le voulez, n’étaient pas les miens !

J’ai tout d’abord pensé qu’il s’agissait d’un catalogue d’implants mammaires, car les nichons en page couverture m’avaient l’air d’avoir nécessité une certaine chirurgie. Le panthéon de déesses me certifia la supériorité du corps féminin sur le reste. De fil en aiguille, je finis par siffler la bouteille et desserrer les mâchoires.

Pour un peu, je serais retourné prendre une douche.

Mais Clac ! : Eve franchissait ostensiblement la porte.

Vlan ! : Je refermai le tiroir.

Le vrai problème avec la vie, – je ne parle que pour la mienne -c’est qu’elle est singulièrement orchestrée !

– Adam ! ,t’es là ? !…, cria-t-elle du bout du couloir.

– Oui chérie ! Dans la cuisine… J’ai besoin de te parler !

– Attends voir ce que je me suis achetée ! Je l’enfile et j’arrive !… Tu me donneras ton avis !

Les interminables secondes qui suivirent ne me suffirent pas à reprendre mes esprits. Lorsque la génératrice se mit à gémir, j’aurais voulu prévenir Eve de ce qui allait se produire, bien que cela n’aurait fichtrement rien changé.

Je reculai dos à la fenêtre…

Le bras porteur de la grue propulsa lentement la nacelle vers moi, exécutant un long travelling au même moment où l’actrice principale surgit dans l’embrasure de la porte. Elle était d’une rare beauté, subtilement maquillée. Ses lèvres esquissèrent un sourire hésitant, qui lorsqu’Eve crut saisir la signification de ce qui se passait de l’autre côté de la fenêtre, transforma son visage tout entier.

– C’est pas vrai !!! , hurla-t-elle.

J’aurais voulu lui répondre que la vérité sur terre … ! Mais je fus réduit à me retourner sur mon axe et à assister à la pire chose qui, à mon sens, pouvait désormais arriver : un type en combinaison verte qui immobilisant la coque d’une nacelle au niveau de la fenêtre, fut tout aussi ébahi de nous surprendre ainsi, qu’Eve dont la jupe moulante incitait à la bonne humeur. Il s’épongait le front en souriant. Je n’aurais pu positivement l’identifier derrière son casque à lunettes protectrices. J’eus seulement la fulgurante intuition, que cet inconnu chargé du destin, allait secouer notre monde d’une force dévastatrice. Ma première réaction fut de lui faire un bras d’honneur. En guise de réponse la nacelle rugit de plus belle.

Notre voyeur sortit de nos vies comme il était venu, brandissant une tronçonneuse. Cap sur le sommet de l’arbre à décimer.Eve, horrifiée, gémit une phrase que le vacarme du camion rendît inaudible. Je tendis les cuisses, écartai un tant soit peu les jambes. Je balançai sur l’une puis l’autre, prêt à la retenir, pour le cas où elle déciderait de se porter au secours de notre ancêtre feuillu.

Lorsque le choc sonore de la tronçonneuse éclata au-dessus de nos têtes, Eve empoigna une tasse qu’elle envoya se fracasser contre le carrelage à mes pieds, puis s’enfuit sur les chapeaux de roues. Je me lançai spontanément à sa poursuite malgré les éclats de céramique qui ne me ralentirent guère, au contraire, je fonçais.

Je réussis à coincer la porte de la salle de bains avec mon pied. Celui qui saignait justement. Nous avons joué du qui perd gagne un bref instant. Puis elle se résigna à me laisser entrer. Elle posa ses fesses sur le rebord de la baignoire. Je m’affalai sur le siège de toilette. Quand elle eut la tête entre les mains, je déroulai du papier hygiénique à l’aide duquel j’épongeais soigneusement le sang. Je prenais tout mon temps. Car j’avais tout mon temps. Enfin, c’est ce que je croyais ! Nous sommes tous impuissants face à la douleur. En dépit du bruit atténué, elle me lance à tue tête : « Ça fait exactement un mois que je couche avec Suzanne ! … Un mois ! … Tu te fous de ma gueule ? … Soit tu me trompes… ? ! Ou tu ne m’aimes plus… Y’a pas trente-six mille solutions ! …»

Je retirais un à un les infimes éclats de céramique. Je répondis : « Un mois ! … , sourire fendu jusqu’aux oreilles je renfonce le fer chaud : Petite cacotière va ! Un mois ça se fête, il fallait me prévenir !

Il m’apparut évident que j’avais tout intérêt à changer de tactique, sinon cela risquait de se gâter. Mais avant que je ne puisse formuler ma prochaine phrase, elle rajouta :

– J’en ai marre de ton indifférence ! … Marre de tes excès, marre marre marre !!!

Pendant qu’elle allumait nerveusement une cigarette, je tentai de la déstabiliser :

– Regarde-moi bien dans les yeux ! … Il y a longtemps que je ne fais plus ce que je veux de ma vie… Tu ne me diras pas le contraire ? ! … Ai-je l’air de m’en plaindre ???… J’ai besoin de me décontracter de temps en temps. Je t’en prie ! Une bonne nouvelle à la fois ! …

Elle se leva et se jaugea dans le miroir, d’où je la voyais tout flou comme dans un rêve. Étant donné la douleur qui m’élançait au talon, je me suis dit qu’en fait de cauchemar, celui-ci méritait un oscar virtuel. Le vrombissement de la tronçonneuse me confirma une fois pour toute le concret de la situation.

– Je te quitte !, brailla-t-elle. JE TE QUITTE !!!… C’est tout ce que ça te fait ? !!!

– Rien à déclarer ! , m’étranglais-je comme si j’avais besoin de cette torture.

– Cœur-de-pierre ! … Salaud !!!

Je sautillai sur une jambe jusqu’au lavabo et immergeai ma blessure. L’eau devint aussitôt rouge. Je ne voulais, ni ne pouvais croire ce qu’elle venait de m’annoncer. Par ailleurs, il y avait des mois qu’elle ne bossait plus, je ne voyais pas comment elle avait pu s’offrir un tel caprice. Je fouillai dans la pharmacie pour du sparadrap pendant que mes neurones établissaient un premier bilan.

Eve trépignait sur place, ses yeux se révulsèrent par intermittence. Entre deux spasmes elle me foudroya du regard et me dit : «Cette fois t’es allé trop loin ! T’avais qu’à téléphoner pour me prévenir ! Le téléphone ça existe ! …» Je rétorquai : « C’est que… »

– C’est que t’en as rien à foutre ! , relativisa-t-elle. Je rentre sur Paris le quatre …

Nous avions l’air de boxeurs sinistres se jugeant avant le match, j’examinais chaque battement de cil de mon adversaire, battu d’avance par le fort faible que je nourris pour elle, depuis ce jour où mon regard s’est posé sur le lac de ses yeux dans lesquels je n’ai cessé de combattre le courant pour ne pas m’y noyer. Elle rajouta : « Je me barre… Je m’arrache… C’est fini entre nous. T’as gagné ! Chapeau, champion ! » Incapable de soutenir son regard, si seulement j’avais des reproches à lui faire, ne serait ce qu’au sujet de cette passade avec Suzanne ! Je refusais de m’étendre sur les motifs de leur supercherie. Tout ça était de ma faute. Ma langue se délia enfin ; je changeai de sujet. Je me lançai dans une longue diatribe qui ressemblait à du chinois car je laissais mon corps en état de choc parler pour moi. Mon corps n’avait pas les mêmes idées que moi.

Elle haussa les épaules, me serra un bras. Je me tu. Un long soupir lui échappa. La rage la fit vibrer.

– T’es sourd ou quoi ? !!!… Je m’en vais ! … T’es satisfait ???

J’avais les jambes comme de la guenille. Manque de pot, je tombai à genoux, m’accrochai à ses cuisses et me mis à chialer. Mon étreinte mélangeait l’excitation au chagrin. Caresser Eve m’a toujours fait cet effet-là. Je couinais tel un bébé auquel on arracherait un à un les ongles. Je râlais, incrédule face à la méchanceté du sort que je méritais au centuple.

Sur ces entrefaites, le télé-avertisseur fixé à ma ceinture fit des siennes. Malgré ma position compromettante, ma curiosité l’emporta, je jetai un œil au petit écran à cristaux liquides. Eve utilisa le fragment de seconde où je défis mon emprise pour reculer d’un demi pas. J’étais agenouillé, implorant l’absolution. En contre plongé comme ça, ses seins charnus un peu tombants retinrent mon attention. Elle ramassa un chemisier sur le panier de linge sale et l’enfila. Elle dominait la situation de plusieurs têtes, elle se pencha sur moi, et d’une voix presque enfantine, avec un accent de désespoir elle me balança : « Et en plus tu vas te barrer ! … Vas-y !… T’es une ordure ! »

Ma tête se rétracta dans mes épaules au moment fatidique où elle me décocha une gifle magistrale. La porte n’avait pas encore claqué, que je m’effondrais sur la tuile en martelant le sol. Il y avait longtemps, avec une femme, que je n’avais pas communiqué ainsi.

Le télé-avertisseur s’emballa de nouveau. Cela suffit à me remettre la tête à l’endroit. J’essuyai les larmes qui me dégoulinaient sur le visage. J’y lus qu’il y avait urgence au chantier. J’enfilai des chaussettes qui traînaient par terre. Elles ne sentaient pas trop, mais étaient un peu rudes lorsque j’y introduisis les pieds.

Le couloir sans écho glissa sous moi, je me retrouvai devant la porte de la chambre à coucher, où elle s’était barricadée. Je cherchais une phrase appropriée. Je frappai doucement… :Pas de réponse. Pourtant !… Le plancher craquait à ses déplacements. Je perçus soudain qu’elle s’approchait : elle arracha quasiment les gonds en ouvrant ; peut-être, allait-elle me donner la chance de m’expliquer ?

Des vêtements propres apparurent à mes pieds. La porte se referma aussitôt. Je l’implorai : « Eve ! … Chérie ! Je rentrerai le plus tôt possible… On pourra parler ! … »

Ce qui m’étonnait, c’est qu’au lieu de se calmer, elle semblait s’agiter. J’écrasai mon oreille contre la porte. Il m’était impossible de déchiffrer les bruits bizarres qui se succédaient. J’étais sur le point de forcer la note, prêt à défoncer si nécessaire : « Pour l’amour de Dieu ! : Dis-moi quelque chose ! » Elle répondit : « Casse-toi !!! J’ai besoin d’être seule. » Je la sentais malgré tout appuyée contre le revers de la mince cloison, prête à capituler : « Téléphone-moi plus tard », me rassura-t-elle : « Moi aussi je t’aime ! … J’ai besoin de réfléchir… T’es là ? » Elle avais bien dit : « Moi aussi je t’aime ! » Je n’avais pas rêvé.

À mon avis, nous progressions. Je murmurai : « Oui mon cœur ! » ettournai sans succès la poignée. Elle sanglotait de nouveau.

– Peux-tu me laisser un peu d’argent ? , fit-elle au bout d’un certain temps.

– Sur la table chérie ! … Faut que j’y aille ! Plus tard mon amour !

– D’accord !… Mais à une condition !

– Quelle condition ??? !

– Ne m’appelles plus ton amour !!!

Éditions Balzac Le Griot – 1999, Paris, Montréal) :ISBN: 2921468425

CALI à Montréal au Gesù pour son nouvel album LES CHOSES INTERDITES.

Vendredi 3 Novembre 2017 au théâtre le Gesù: Sur scène un canapé un peu défraîchi. Sur le mur de la chambre d’ado reconstituée, des affiches de Joe Strummer, et Leonard Cohen. La trame son d’un film datant de 1992, avec Annie Girardot commence le bal, époque où il n’était plus un adolescent mais il n’est pas à un anachronisme près: Cali s’expose et se raconte dans un concert solitaire où il parle presque autant qu’il chante dans sa traditionnelle sensible impudeur d’enfant émerveillé de ce qui lui est arrivé.

Guitare en main dans la pénombre, le gaucher ouvre pourtant la soirée par plusieurs titres de son 7e album sorti cet automne. Soit: A cet instant, je pense à toi, I want you et autres pistes tirées de Les choses défendues, ponctuées de confidences. L’histoire de Cali commence à 16 ans, âge où il fugue en Angleterre pour rejoindre une Louise, passée comme une comète par son village catalan. L’âge du premier groupe de punk, « Pénétration anale » avec Alec et Fernand, formation fugace.

 

Le chanteur a livré un concert de 2h30 dans une salle comble
Photo : Y.D.

Valises sous les yeux mais des yeux illuminés, le chanteur ponctue souvent son récit ainsi, émerveillé de son parcours, N’ayant sincèrement encore été remis que « Bruno Calicciuri de Vernet-les-bains » soit devenu Cali. La reprise de C’est quand le bonheur salue le carton du premier disque en 2003 (« Je répète quand même 72 fois la même phrase! »), celle de Et maintenant de Bécaud salue la mémoire de sa mère, disparue très tôt. Elle fait l’objet d’un très joli titre inédit.

Il fait tout au long de son concert intime de plus de deux plombes très bien semblant de s’étonner que ces « 1000 cœurs debout » soit désormais une chanson de manif. Même s’il a l’humour et l’habileté de se donner parfois des rôles peu glorieux. Cali aime se mirer un tantinet, même s’il aime aussi surtout les autres. Et il nous a montré sa grande générosité ce soir-là!

« Je fais des trucs pas mal… mais je ne sais jamais m’arrêter à temps », confie-t-il au détour d’un souvenir de Victoires de la musique. Il a le mérite de le dire et d’en sourire. C’est ça: une écriture enflammée et touchante, une sensibilité à fleur de peau mais tout est toujours… un poil de trop. J’aime ça quand c’est trop!

Même dans ce spectacle intimiste et chuchoté, le garnement arrive à placer une chorégraphie étrange et même que sur « 1000 coeurs debout » il réussit à grimper sur les dossiers des chaises, puis venir jusqu’à MissRoBee et moi, qui lui ai tenu la main pendant trois minutes pour le stabiliser sur ses pattes alors qu’il chantait sa chanson sous les yeux éberlués de ma blonde! Je croyais qu’il allait la prendre dans ses bras, mais je sais qu’il avait vu l’anneau à mon annulaire et il a choisi de se frotter à la fille de la rangée d’en face. Tout un gentleman!!!

Nous avons été touchés et ravis parce que l’homme est généreux, sincère et qu’il a de sacrées belles chansons. Non seulement cela, il nous a conquis, nous qui étions déjà des fans purs et durs, il nous a éblouis! Quel type incroyable, bref, 5 étoiles sur 5!!!

La version épurée de « Elle m’a dit » est bouleversante, rappelant que cette cavalcade est d’abord un texte magnifique. Celle de Je m’en vais est au diapason. Une ébauche de Roberta rassembleuse, un intense Exil rappelant la même déchirure des Espagnols fuyant Franco aux réfugiés d’’aujourd’hui. Le plus beau était « L’espoir », chanson-titre de son 3e album qu’il s’est contenté de dire sobrement, sans effet, sans cabotinage. Mais rapidement, Cali reprend le dessus sur Bruno Calicciuri de Vernet-les-bains… Et nous lui souhaitons un bon retour vers ses concerts à venir en France. Merci man tu es hot!!!

Sur CALI: Les Choses défendues: http://www.sonymusic.fr/news/Cali-38920/cali-revient-avec-les-choses-defendues-son-nouvel-album/

TRACKLISTING

calileschosesdefendues
01 À cet instant je pense à toi
02 S’il te plait
03 Les choses défendues
04 I Want You
05 Je ne peux pas pleurer plus que ça
06 Sweetie
07 Annie Girardot
08 Ella a mal
09 Tout va recommencer
10 La femme qui t’aime
11 Le mariage
12 À deux pas
13 Seuls les enfants savent aimer
14 Montréal 4 am

Concert magnifique de Cali en terre natale: « Vernet Les Bains » (à voir si vous aimez son travail)

https://youtu.be/BXSe2OFsybM

Down By Breath – Alternatif

« La Musique, c’est la beauté dionysiaque conçue comme ivresse » -Down By Breath

Voici une voix, un ton, une catégorie de musique alternative en soi, en provenance de France. Depuis plus d’un an que je suis ce mec sur Soundcloud, et chaque fois qu’il nous balance un truc à l’écouteur c’est un uppercut! Sur sa dernière piste, lui aussi chante en anglais, mais pourquoi? Ici, nous faisons la promotion de la musique francophone justement parce que nous sommes convaincus que les anglais devraient apprendre notre langue et non l’inverse. Or, ce n’est pas moi, qui ira vous dire comment positionner votre immense talent sur la grille de votre développement. Pas mon genre! D’autant plus que dans ce cas-ci, c’est tout à fait réussi, chapeau! Elle est géante cette piste by the way, le feeling totalement irréel de l’intro, puis ce roucoulement en sourdine, est un genre en soi!

J’adore ce que fait ce jeune tranquille (remarquez que je n’ai pas osé lui demander son age, cela me semble impoli) dans son coin sans se prendre pour le nombril de l’Univers… Ni nous Jackasser ça dans les oreilles des prétentieux merdias de morse, j’en peux pus des fois! , je respecterai l’artiste qui ne cherche pas à être sous le follow-spot merdiatique, car je sais qu’il fait ce qu’il fait pour apaiser sa douleur, pour éviter d’en étriper un, j’en suis!

Écoutez cette voix, le ton, le poids de la vie qui pèse sur le coeur de cet homme qui ne fait certainement pas de la musique pour nous manipuler parce que, comme moi il la donne: Gratis! Merci Monsieur, et on Copyleft man! Ciao les pantins qui parlent qu’à leurs souliers en frenchkissant leur mégot de crédit, By Breath et moi, lui là-bas, moé icitte, nous regardons le ciel pendant ce temps.

Les étoiles vous vous souvenez?!

Et vu que c’est souvent des fois, la vie, je me pète la dernière tune de Monsieur By Breath lui, de son côté nous amène loin au creux centre de notre abysse intérieur sans nous enguirlander ni nous traîner dans boue bionique! Même que lui, on se rend compte qu’il en a lu deux ou trois livreas avant de penser qu’il pense en écrire. Des fois on sait jamais, si il m’envoie un manuscrit, je pourrais lui publier, son affaire, sur tous les écrans branchés sur Internut de la planète Tarte!

Sur ce, sans plus tarder, la véritable raison d’être de cet article, le clou que j’ai d’enfoncé dans la tête depuis la première écoute, Mesdames et Messieurs, ce que vous attendez depuis fort longtemps sans le savoir, un nouveau venu dans la tribu des grands galériens: Down By Breath;

Par contre, je vous invite à penser à ça la tête en haut, et fuck les anglais. Un anglais ça connaît rien!! La géopolitique actuelle devrait vous en convaincre, tous des beaufs sur le point de provoquer l’Apocalypse pour engrosser leur compte en branque.

Qu’ils apprennent à nous entendre, pas juste à nous écouter. Point barre. Moi aussi je fais des chansons en anglais mais seulement quand le message leur est spécialement adressé, pas autrement. Bon! Je vais pas continuer sur ça, la politique culturelle n’est pas mon domaine. Seulement, ici, MissRoBee, et moi DanleMiel sommes fichtrement fiers de notre langue, et nous voyons depuis les trente ans que nous faisons de la musique, que quand notre produit est à la hauteur, les anglais, se désentortillent le slip, et osent nous écouter! Et ce type, il mérite d’être entendu pas seulement écouté, et ce encore et encore, parce que son propos est urgent, indivisible de l’état actuel du monde en friche.

Cela dit, pour que plus de gens entendent notre massage intellectuel, nous avançons souvent sur une planche coupée en deux, et en anglais et en français, ça semble être très accrocheur pour certains messages.

Toute les manières sont bonnes, pour autant que nous arrivions à nos fins, pas vrai? Ce Down By Breath alors? Chaque fois que j’ouvre sa page et qu’il nous en a concoctée une, c’est comme un dessert parce que chaque fois on croirait qu’il se renouvelle, pas une de ses pistes ne ressemble à une autre.

D’autant plus que avec le temps, ses textes, ses riffs, ses boucles sont de plus en plus cool! Des trucs absolument à délirer qu’il nous =balance à la tronche. Tout en douceur souvent, suivi d’une dérape proche de la musique électro-acoustique ces derniers temps.

En tous cas, moi, il m’a accroché dans l’oreille sans piercing, il m’a tatoué son style de recherche dans les tripes sans jamais me décontenancer. Je vous conseille d’y jeter quelques micros cachés et de les entendre, pas juste les écouter, Ce type a beaucoup de talent et ira loin dans la musique s’il persiste. Je ne connais rien de son groupe ou même s’il en a un? Mais CRAPO prépare une tournée en 2016 pour les écoles secondaires et les Cégeps, ainsi que certaines Universités avec notre programme de réinsertion par la musique, et de thérapie à saveur ajoutée musicale, et nous aimerions bien que cet artiste conçoive une chanson avec cet état d’esprit en tête parce que je trouve qu’il est inspirant, délirant aussi par moments, mais toujours juste. Toujours inquiétant, apte à nous rendre curieux de sa prochaine livraison. Son mélange de styles, et de textes affranchis, lus par sa voix trouble me les scie! Bonne écoute!

DanleMiel – 7 décembre  2015 Montréal
Source: https://crapoblog.wordpress.com/2015/12/08/down-by-breath/