Ne te répètes pas

Toujours nouveau le ciel

Éclaboussé d’encre

Jamais une seconde

Ne sera la même

Dans un décompte

Qui finit par commencer

À se trouver une voie

Encore moins la troisième

À gauche tourne

Vers ce repli cru

Dans ton sourire

Si lumineux qu’il chante

Ris mais ris de moi


Quand les nouvelles

Égratignent la peau

Que l’on nous injecte

D’une peur patentée

De toute part que

Le monde se désagrège

Quand l’illusion suinte

La terre éclate

Ses molécules pètent

Les ponts brûlent

Des victimes hurlent

Tant mieux pour le chaos

Le désordre nous sied

À ravir les dormeurs

Et réveiller les morts

Qui marchent parmi nous

Dans leurs peaux synthétiques.

Vouloir la Paix

Plié dans le vent traitre

Seul sourire une armure

Je reviens à mon corps cru

Sous un ciel fâché je hurle

Pour que les courants

Se mêlent à ma voix

Sous la lune enceinte

D’un mois de calamités

Dans le flux continu

De la démence qui frappe

Dans la masse

De mes frères

Transfigurés

Par la folie

Des anges qui nous tombent

Dessus

Comme des passerelles

Vers les immondices du ciel

En habits du dimanche

Quêtant sa pitance

Dans le reflux de caniveau

Jusqu’aux ébats télévangéliques

Prêts à sortir de sous les tapis

Comme des Jesus en poil de chat

Sans feu ni foie

Dans le confort douloureux

Des mauvais choix

Tatoués en bracelets

À la peau du serpent

Qui rentre sans sonner

Dans la pénultième tentation

Celle qui va piocher dru

Jusqu’aux petites heures

De la nuit sous morphine

Avant d’atteindre la base

Pour le plaisir d’une

Amputation.


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