Rapide rappel: en totale ruée vers rien!

La vision matraquée sur tous les fronts Une bible futuriste en furie montre son monde Post-apocalyptique à en découdre Juste après le téléjournal d’une planète Loin de chez-nous pas dans ma cour saloperie! Qui nous fourre sa langue au creux de l’esprit

L’intelligence artificielle a remplacé là-bas La masturbation intellectuelle des grands Toujours mal-chaussés créatures crades De vos pieds par devant devenus nains avant Que le reste du corps ne suive la mutation Et on vous prépare pour des scénarios Pour le moins traumatisants sans suggérer La moindre solution! Sans désaouler Pendant ce temps la terre ne chôme guère

Les humanoïdes des villes sous-terriennes Continuent d’affluer à la surface Comme on se mêle aux personnages D’un jeu vidéo grandeur nature De rudement belles filles un peu weird en rut Venues faire du yoga nous inspectent la face Ok! Same shit new day, ou quoi?! Qui de neuf?! Le petit dernier Faudra-t-il vous l’épeler?? ICI Bin dis-donc ça parle: (??) « Elles s’introduiront d’urgence De plus en plus haut dans l’échelle De la corruption élastique Pour contrebalancer: psychopathie Sociopathie et nos sympathies Et tomberont toujours moins loin Marathoniennes d’insoumission » Répondit la robote de série C…

-« Fucked up de leçon for nous » D’entériner notre boss: Shaffft! Le seul, unique à en perdre sommeil Et de poursuivre sur sa lancée: « …cette humaine condition Pique pique le poison je vous le fait pas dire Danse danse avec moi le ‘bacon’: (faisant la syncope métaphorique à l’aide des deux mains) quand pus personne Ne rit plus!…

Clip du chanteur YVON TREMBLAY pure western de Saint-Trip à l’écran d’un smartphone qui traîne là
j’allais écrire par hasard Mais nous savons mieux que ça À vous de voir: -« Or, (gros plan sur sa montre) En véritables révolutionaires (un homme fusillé se fait envelopper dans un drapeau) Après qu’on ait réformé le R C’est au nom de l’Évolution que Nous mixons la pure à la cure (un robot projeté en 3D HDD sur l’autel du plateau révéle au public mondial la supercherie qui les a subjugué depuis les fifties, bande de taches ) Maraudeur sur bon coup Ou vampire dans mon cou Au bord de la frénésie La foule enterinera avec moi Le reste de ma chanson-hymne: « J’injecte ma ration de radium… Yo!! Full fluo Monsieur l’curieux  Comme un radeau perché Sur le sommet du tsunami Un qui cherche plus vraiment À se faire de nouveaux amis… On fera des cartons pour les lyrics Okay?!… Cool! »

Dans le quartier industriel, à ce même moment-là, la silhouete d’un homme referme le couvercle sur un baril de 45 gallons -« Enferme-nous maintenant Ensemble dans la centrale Des molécules de demain Armées au drapeau blanc De ton idée de la fin…

Shit que j’ai hâte que ça pète Que le monde un flot continu De pus se détoxifie De révélations me submerge! » Comme les cocktails Molotov Aujourd’hui nous visiterons un Musée On mangera aussi son poison quotidien Jetant le sort à ceux qui ont moins On sauvera les meubles au lieu du lien

Fugitif en chaloupe de ruisseau Cannibale dans une parade Tu snifferas une pilule écrasée À la va-vite dans les wc Une qui dissout Cent pourcent tireur fou Tu sors hébété le calibre au poing Dans la foule de ton souvenir Mal revissé à l’embouchure Du col de fémure Les yeux bandés Et le murmure du plein gaz Vers le mur qui nous sépare

Pourvu que le monde soit rond Faute d’arrêter toute c’te merde De tonitruer je me réparerai Tous feux sur l’accident Heureusement pas le mien Pas même le tien tant pis D’autant qu’elle le hurle Fort au bout de ma nuit La tête en bas j’appuie Sur la singularité réparatrice

La cicatrice d’une alliance Encore valide entre nous Sur la lumière que l’on tire Pour qu’elle éclate entre nous C’est agrippés à rien qui ressemble À de la fin en soi ni Pas même un début… de fin Que nous touchons à l’union, enfin Caressant l’impossible… »

La cornemuse kidnape le preneur de son et la musique de fond fend le décor en larmes!! (Go Tribu go!!…)
DanleMiel, Longueuil
Série: Frontalefriction1

Masse de signes obliques

À l’entonoir l’information s’égoute
Tels des étincelles qui cascaderaient
Depuis l’essence de leur non-réalité
Au travers le jeu objectif de fractales
Au bout duquel j’émerge en corps
Serai-je lontemps seul au monde
Dans le hall aux miroirs hilarants?

Est-ce que nous nous perdons sans cesse pour jouir de l’impression de nous retrouver? Est-ce que tels que les clichés le suggèrent nous subissons notre condamnation à vivre telle une fuite perpétuelle vers l’avant sans queue ni tête? Ou est-ce que la temporalité de la création de ma vie, en raison de ma mort imminente, comme par une force magnétique inexorable, après maintes interruptions, m’oblige à  toujours refaire le point puis reprendre ma route là où je m’étais égaré? Soit, dès mon origine, tel le serpent qui se mord la queue…

Comme de faire semblant de respirer
Après une courbe mal éclairée
Une carlingue décapitée du coup
Beaucoup de questions sans réponse
Après l’escalier gradué de clarté
Et des questions sur la raison du zoom
De retour dans cette séquence et pourquoi?

Pourquoi d’autre aurais-je bourlingué ainsi – beaucoup même, trop peut-être, aux dires de certains? Pourquoi – depuis le plus jeune âge – aurais-je senti le besoin d’assouvir aussi rapidement cette inextinguible soif de voyage, de dépaysement tel un junky incapable de se garder une dose pour le lendemain; plutôt que de rythmer mes déplacements en un projet raisonné et planifié pour meubler une vie conséquente et bien remplie, si ce n’est qu’il y avait dès le départ un plan précis?

Combien de fois depuis une décennie me suis-je mis en route pour quitter le bled paumé de ma banlieue natale? Moi qui, lorsque plus jeune, je vivais soit en France ou en Irlande, n’aurais jamais cru un jour revenir ici, bien encore moins m’y trouver scotché comme incapable d’y larguer les amarres, suis-je victime d’une conspiration menée de main de maître pour m’empêcher de réaliser mes rêves de finir mes jours sur une plage sous les palmiers? J’ai beau scander mon passé et rien, alors là rien du tout ne me connecte à cet endroit, sa médiocrité, ses habitants qui depuis la plus tendre enfance j’ai toujours méprisé. Preuve en étant qu’à dix-huit ans j’avais mis les voiles pour la grande ville, de l’autre côté du pont, Montréal mon réel, puis deux ans plus tard j’avais carrément quitté ce continent pour installer mes pénates en France avec la plus ferme intention de ne jamais me retourner sur cette Amérique du Nord, que je percevais comme la grande noirceur.

Un rectangle noir penché en suspension
Dans un noir plus profond plus creux
Le noir d’un trou de noirceur dans le noir

Puisqu’il n’y a pas de coïncidences, pas de hasard et que la réalité est un ensemble mathématique de forces, d’informations qui créent la matière et ses conséquences: suis-je ici maintenant, vivant sur une rue portant mon prénom à cause d’un trajet, d’une leçon préétablie et ponctuée d’interruptions, de déviations propices à élargir la portée de ma quête mais sans toutefois m’offrir la possibilité de me perdre tout à fait? Aidez-moi quelqu’un, je vous en prie!

Masse de signes oblige, toujours sur la route par définition, j’ai beau emprunter tous les procédés logiques dont mon cerveau dispose, j’ai l’impression d’être disparu et je me sens tombé dans un trou de vers duquel je ne trouve plus la sortie. À la rencontre de la parole, mon corps ne fait que se substituer à l’absence sur sa propre scène. Mon corps a peur d’être un personnage sacrificiel, à l’encontre de son espace-temps, occupant tantôt la forme du bouffon loufoque, tantôt du mystique en proie à des révélations occupant le lieu supratemporel de son origine. Ce que je m’explique, dans ma recherche personnelle comme si j”étais revenu jouir du point de vue d’avant ma naissance. Mais pourquoi donc? Et à quoi bon revenir sur ce point de fuite?

Me revoici pourtant narrateur de la fiction de mes propres origines et du trajet d’un demi-siècle sur les planches d’une oeuvre sans balises claires, surgissant de nulle part et de partout à la fois, glissant sans cesse d’une extrémité à l’autre des pôles de mon interaction avec le monde. Métaphoriquement opposé à la phrase de Robert Charlebois: “Je suis un ‘bum’ de bonne famille”: intellectuel de famille de bums (loubards).

DanleMiel,
Longueuil 3 Mai 2014