De clarté

Que j’aime, aime, aime
Combien tu es extrême

Combien j’aime, aime, aime
Le sirop noir dans mes veines

Combien j’aime, aime, aime
Quand tu me prends la tête

Sous le regard obscène
D’une fumante tempête

Nous sommes seuls ici
Et mon dernier drapeau

Je le découperai dans ta peau
Sous la tourmente et les cris

Que j’aime, aime, aime
Combien tu es amène

Que j’aime, aime, aime
Nos dérapages internes

Combien j’aime, aime, aime
Quand tu me brise le cœur

Et que partout tu t’imprègnes
Au marteau concasseur

Nous sommes seuls ici
Et mon dernier paquebot

Je l’arracherai de son repos
Au prix du klaxon d’un taxi

Que j’aime, aime, aime
Combien tu es suprême

Que j’aime, aime, aime
Nos collisions externes

Combien j’aime, aime, aime
Quand tu me tords les tripes

À chaque overdose de haine
C’est la totale comme trip

Nous sommes seuls ici
Et ma dernière étrenne

Je le déchirerai de la haine
Avant l’attentat qui sourit

Que j’aime, aime, aime
Quand tu me laisses à la traîne

Combien j’aime, aime, aime
Que tu me fourgue à la fourrière

Combien j’aime, aime, aime
Quand tu me broie les os

Et que ma forme te promène
Tout droit vers un poteau

Nous sommes seuls ici
Et mon dernier manuscrit

Je le défricherai sur ton dos
Je suis mon seul ennemi

Que j’aime, aime, aime
Combien tu m’étourdis

Combien j’aime, aime, aime
L’obscure délire qui s’escrime

Avec mon seul neurone las
Je cherche la clef du sas

Usé fatigué mais debout
Penché au-dessus du trou

À mesure que le jour tangue, je recule

Dans le désir fragile l’instant s’étire
À mesure que le jour tangue je recule
Contre des assassins de clarté
Aux éblouissements subtils
Comme les restes d’une crapule

Depuis que la matrice convulsive d’être
S’est révélée à l’apex du gang traître
Je rêve le verbe aller droit devers
Le vent aux impitoyables rencontres
À mesure que le jour tangue je recule

Quand la clarté tombe je m’évade
En train de nuit qui longtemps circule
Avec mes valises de mirages surpris
Du haut d’une carlingue en parade
À mesure que le jour tangue je recule

La nuit me lave elle me somme
La nuit me lie aux éléments plus denses
Que la vie au coeur d’une voltige
À force de roulis la nuit se nomme
À mesure que le jour tangue je recule.