AN ZÉRO – DanleMiel

À LA RÉSISTANCE (EXTRAITS)
« Je résistais
Bien avant
De vous apparaître ici ce soir
Sur cette scène
Je résistais

Je résiste
Et je résisterai
Partout j’entends les gens grommeler

Du mal de leur vie
J’entends:
Ma vie est un long combat
Ouais
c’est ce que tu crois?!

Hé bé s’il y a un combat
Tu as du l’initier

Moi je crois que…
À quoi diable bon?

Je perçois la vie
Comme un éternel
État de grâce

I resisted
I resist
And I will
Resist
(…) »

« Ne vois-tu pas
Le pire et le meilleur
Naviguer la vague
Chaque fois
Que tu prends
Ce cacheton

Qui ne sauvera
Pas cette journée
Commencée si bien

Et dès que ce poison
Cette petite dose
De facilité
Cette illusion
De potentiel
S’écroulera
Comme les piliers
Du Colisée
J’éxagère tu crois?
Cui bono?à
Cui?

Cui bono?
Cui cui
Cui bono?
Armi batteriologiche
Venduto al miglior offerente
A chi giova

L’air est armée
L’eau est armée
La terre est armée
L’espace sera armée
Pourtant chaque jour
Je suis de plus en plus
Désarmé
Désolé d’être désarmé
Les sourires sont armés
Les intentions sont armées
Chaque désir une armée
Et moi souvent désarmé
Le sexe est armé
Tu dis quoi?
La bouffe est armée
Ouais très juste ça
Pourtant nous sommes
Bien plus qu’une armée
Chihuahua dans un corps
De géant
Maintenant
De quel bord
Le vent va-t-il tourner? »

– danleMiel

Sous les bombes

Pour toi je chanterai sous les bombes
Nourrissant les alentours qui tombent

Sous la tourmente d’un sacrifice
Déluge d’intention créatrice

À genoux au carrefour d’un bordel
Notre âme en fusion éternelle

Camping forcé en Ford Focus
Bordel de merde que ça joue juste

Tes lèvres la nuit me fendent l’écorce
Chaque lendemain vaut un pesant de force

La seule Union ou y a pas de grève
Tatoue ton X on saigne une trêve

En haut de son clin d’œil – le ciel
Nous parlera en signes précurseurs

Le premier homme à devenir mère
Droit vers le mur pédale au fond

Pourvu pourvu
Que le monde soit rond

Ton corps me tamtam la douleur
Fleuve de sirènes et avertisseurs

Autocollant du Canadien
Coucher de soleil main dans la main

Formule stupeur et lunettes noires
Chute de calcul œil au beurre noir

Au nord d’Éden loin de la mer
Je sarcle les mines d’un long désert

Plus nue qu’un papillon de nuit
Tu me signale des perfusions

Merde à la loi guerre aux vauriens
Serpent à sornettes fait youyou

Dans ma dégaine de petit voyou
Sifflant le fruit d’entre les dents

Chaque jour se mord plus fort
Pour s’assurer qu’il a pas tort

Force de lenteur aux villes qui brûlent
Arrive accouche qu’on décapsule

Dans la stupeur sans médicament
Je vois plus que toi au firmament

Pour toi je chanterai sous les bombes
Nourrissant les alentours qui tombent

Sous la tourmente d’un sacrifice
Déluge d’intention créatrice

À genoux au carrefour d’un bordel
Notre âme en fusion éternelle

DanleMiel : texte, voix
Para Ad : Musique, vidéo – youtu.be/sQJZDUkfaiI

Au vent va

Étrange cauchemar que le temps
Shooté aux pitons du ciel couchant
Plus que le bleu du reste en scelle
Infirme dans un lac odeur poubelle

Le corps projeté contre son ennemi
Le cœur sans analgésique à sevrer
Des tatouages aux crânes enfouis

Les virages extrêmes à dos d’âne
Flirtant avec les statistiques
Moins actuelles que chez les mystiques

D’ici à ce que nous quittions la cage
Une face calée entre des fesses
Un face à fesse à en donner le tournis
Sur les cendres d’un conflit sans age

Sans romance ni pont-levis: Avale-moi
Ingurgite la chaire: Toi ma seule amie
Le vent dehors se lève Lui qui nettoie
Parfois à grandes éjaculations de lave

Invite les anges du haut maquis
À l’amour avant la trahison
Balance ta totale effraction
Sur un calcul sans accalmie

Ce soir on baise sur le drapeau
Le diable nous danse déjà dans le dos
Ici qu’on se pique comme connexion
Aboule la came crache toute la ration

L’esprit projeté contre son ennemi
À force hélas de le sevrer
De ses tatouages aux crânes enfouis

D’ici à ce que nous quittions la cage
Visage moulé au manque de bol
Étrangle-moi ma seule garantie

En fracture de barre d’appui
Sous overdose de maux armés
Cette nuit on saigne sa démission
La ligne directe sur un naufrage

Gros plan sur de la déveine
Injectée du consensuel poison
Indiquant le perpétuel sommet
Qui reste toujours à gravir

Le corps projeté contre son ennemi
Et ses tatouages aux crânes enfouis
Démembre-vite t’es si bien partie

Ne me libère jamais de ta prison
En ligne directe sur des ennuis
Ma foi cette seringue qui cherche la vie.

OTAN en transporte le vent

Otan des feuilles mortes aux flaques d’eau
Et des guerres d’agression commençons
Par un oubli systémique à inversion
Un peu de poudre d’endormissement
Dans les réserves d’eau portable
Plus personne qui ne se souvient de rien
Hé bien, elle est disparue, byebye Bosnie!
Rayé d’un trait génocidaire à coup de brique
Kidnappant ta fille pendant la nuit
Ainsi que les Bosniaques qui vivaient là
Fini, cela leur apprendra! Bande de mal pris
À faire Otan de boucan sous la torture
De leurs seuls enfants monnayables

Les Armes de Disparition Massive
En plein coeur de l’Europe, qui l’eût cru?
Otan d’hier fait toc toc la nuque aujourd’hui
Crosse de 9mm à l’appui
Otan ils sont discrets même silencieux
Otan ils ne chôment pas depuis
Car leurs avions liberticides sont déployés
Dans les Balkans de Transylvanie,
En Afrique du Parc, sur la soie de l’Asie,
Les Amériques en suent leur ligne de Caucase
Je voulais justement t’en reparler
Et maintenant c’est la véritable occase
Ils encerclent tous nos détronchements
Inhalez à fond, sniffez vite

Otan ils tuent Otan il en reste à trucider
Et nous en poésie, les ferrus amateurs
Les Bernard Dimay qui marchent debout
On croit uniquement pouvoir les coincer
Sur une loi contre la guerre en rimes
Comme il est écrit dans la Tragédie
Depuis dix ans qu’on les embauche
Pour décimer tous les pays
Qui finissent en -an
Irakistan vous vous souvenez?
Arfsmackhistan, Opiumistan, han…

Sur les lèvres de tous les cerveaux:
Quand Iran-nous en guerre?

Réponse à la décharge de la défonce
Quand il n’y a un qu’un seul gouvernement
Depuis millénaires
Rien d’illégal au Monopolie de l’Illusion
Sur notre grand échiquier!
Rimera qui roquera le dernier
Comme le signe Brsinzski
Lisez bien votre nom sur sa liste

À vous de voir? Si on vous a volé vos yeux
Jurez vos deux mains à plat sur le feu
Télédéchargez notre catalogue en braille
Vous fera juste un peu moins brailler
Mais Ne Tirez Plus! Nous sommes coupables
On se fait tuer à vous le dire
Coupable coupable de mort debout
Nous vous avons prévenu
Le rapide passage du bleu du ciel
Au noir qui persiste au bout de la piste
Vous allez suer de toutes les couleures

Ici on ne fait que vous traduire les news
Malgré qu’on est pus capable toutefois
On ne cherche pas notre nom à la page
Nécrologie pendant la traversée d’une nuit
À renvoyer les valiums dans Allô-Police
Entouré de gorilles du Nazistan

Avant le premier avertissement
Faites signer vos croix par Cécile
Vous vivez depuis hier en Otanistan
Otan vous le niez maintenant
Otan vous allez pogner de quoi
Otant la réalité du domaine du mythe
Quand les bottes traverseront l’écran
Il suffit de demander à des enfants
On leur enseigne le prochain agenda
Otan il vous cachent la surprise
Le Père Noel ne passera pas cette année
Le Sénat est sur la brosse mauvais bord du Rideau
La saison est à repanser l’impensable
Qui comme un loup en furie hurle
Sous nos portes de chaire ensanglantée.

danleMiel,
3 octobre 2009, Longueuil

Bienvenue en OTANISTAN

Tout le Monde Sait – Leonard Cohen

Tout le monde sait que les dés sont pipés
Tout le monde joue les doigts croisés
Tout le monde sait que la guerre est terminée
Tout le monde sait que les bons gars ont perdu
Tout le monde sait que le combat était truqué
Les pauvres restent pauvres, les riches restent riches

C’est comme ça que ça se passe
Tout le monde sait ça
Tout le monde sait que le bateau coule
Tout le monde sait que le capitaine a menti
Tout le monde se sent brisé
Comme si son père ou son chien venait de trépasser
Tout le monde ne parle qu’à ses poches
Tout le monde veut sa boite de chocolats
Et sa rose rouge comme un cœur
Tout le monde sait ça

Tout le monde sait que tu m’aimes bébé
Tout le monde sait que cela est vraiment vrai
Tout le monde sait que tu m’es fidèle
Oh, sauf pour une nuit ou deux
Tout le monde sait que tu es discrète
Mais il y a avait tout ce beau monde
Que tu devais rencontrer sans tes vêtements
Tout le monde sait, tout le monde sait ça
C’est comme cela que ça se passe
Tout le monde sait cela

Tout le monde sait que c’est maintenant ou jamais
Tout le monde sait que c’est toi ou moi
Et tout le monde sait que la vie est éternelle
Oh après une ligne ou trente-trois
Le vieux Joe cueille encore du coton
Pour tes rubans et tes boucles
Et tout le monde sait cela

Et tout le monde sait que l’Apocalypse approche
Tout le monde sait que cela ne saurait tarder
Tout le monde sait que l’homme et la femme nue
Ne sont que de luisants artéfacts du passé
Tout le monde sait que le trip est fini
Mais il y aura un compteur sur ton lit
Qui mettra sur le journal
Ce que tout le monde sait déjà

Et tout le monde sait que t’es dans la merde
Tout le monde sait ce que tu as enduré
De la croix sanglante sur la Cavalerie
Jusqu’aux plages de Malibu
Tout le monde sait que cela se déglingue
Regarde bien ce Cœur Sacré
Avant qu’il n’explose
Et tout le monde le sait
Tout le monde sait cela

Tout le monde sait, tout le monde sait cela
C’est comme cela que ça se passe
Tout le monde le sait
Tout le monde sait
Tout le monde sait, tout le monde sait cela

Une goute de cyanure

Blême pépiement qui craint
Le retour de matous malins
Emporte en douce ton bagage
Vas-y fais-toi la malle au matin
Laisse-moi sagement du lavage
Oublie un slip dans mes affaires
Sans jamais plus te retourner
Sur le naufrage agonisé
Déserte-moi, déserte-moi!
Déserte-moi, éclipse-toi!!!

Au goulot une bière vaine
Loin de la meute envie de haine
Égale à mon égo devenu zéro
Après tout il est trop tôt
Vas ta route, lâche-moi le dos
Dégage la scène, du balai
Secoue ton col sur le remblai
C’est l’heure de tirer le trait
Déserte-moi, déserte-moi!
Éclipse-toi, éclipse-toi!!!

Sinon attends que je surface
Allumons quelques cierges
Sur notre autel encore vierge
Laissons dans la cire nos traces
Dans l’après-midi impeccable
En contre-plongée incessante
Nourri de pommes déformantes
Ton reflet accrochera mon parapluie
Plan de coupe sur ton sourcil
Retour sur la caméra fixe
Puisque c’est écrit :
Déserte-moi, je sais déjà
Que tu t’éclipseras!

Habillons nos marionnettes
Gonflées tels des vautours
De leurs plus beaux atours
Effaçant la mémoire de mouettes
Qui n’auront pas croqué la pomme
Tailladée comme le dernier homme
Par une fleur de silhouettes
Déserte-moi, déserte-moi!

Ressassons les restes de nos miettes
Par un soir de césure profonde
Sous une lune prête à éclore
Une qui respire de tous ses pores
À la recherche d’une métaphore
Une qui suppute de toutes ses plaies
Chaque désespoir à la ronde
Déserte-moi, déserte-moi!
Éclipse-toi, éclipse-toi!!!

Oublions nos années mortes
Et le mur de pierres jetées
À la mémoire gonflée de sortes
Du voyage qu’on ne pourra terminer
Sans se laisser naufrager
Sous de souveraines pressions
Au suc des caresses fortes
Déserte-moi, déserte-moi!
Éclipse-toi, éclipse-toi!!!
Déserte-moi, déserte-moi!!!

Convenons ensemble le pacte final
Pour nous étreindre sur un lac en miel
Dans le différend d’une goutte de fiel
Vas en paix, écoute mon cœur, fais-toi la belle
Nous avouerons un jour à d’autres
Qui nous fûmes avant que d’être
Sans profilage réellement racial
Comme un gonflement fatal
Avec mes larmes mesurées au mètre…
Déserte-moi, déserte-moi!
Éclipse-toi, éclipse-toi!!!

Sur le Quai

Si j’écris des rayons au soleil
Ce seront les passages de clarté
Aux contours ouvragés sans pareil

Quand les coups de battes
Lorsque tes nuages s’amusent
Avec les contrôles du ciel

Si je grave la grisaille
Des pluie sans répit
Pour faire se rencontrer
Nos
plus vifs contrastes
Juste au bord du désastre

Si je trace mon nom
Dans le sable de ta peau
Qui repose sur les vagues
Vers l’heure du couchant
Dans le vent des palmiers

Si je scripte les étoiles
Sur la nuit de ton corps
Telle une page toujours blanche
Dans un journal de voyage
Est-ce que tu m’en sauras gré?

Je laisserai le point s’interroger
Au-dessus de récits sans age
Puis notre manque à gagner
Rejoindra nos baggages
Oubliés sur le quai.

Après les Sirènes

C’était encore l’été
Du moins ce qu’il en restait
Lorsque les sirènes

Se sont tues


Après la pandémie patentée
Et les attentats subventionnés
Par les aboutissants
De ceux tenant nos laisses
Un silence génocidaire
Planait dans l’air vicié

Venant en aide
Aux plus ammochés
Des quelques rescapés


À ceux qui préféraient
Ne rien voir venir
En regardant leurs programmes


Je portais une gamine
En fonçant dans le sous-bois
Nous avons marché
En petits groupes
Vers le Nord
Loin des routes
À travers champs

Les nouvelles arrivaient
Nous informant que la Ville
Avait subi les foudres
Tellement annoncées
Que des armées
De types en noir
Avaient aspergé les foules
Et que le feu
Avait tout consumé

Certains trainaient
Des bouillies de chair

Les restes de leurs enfants
Comme si le grand air
Aurait pu les ranimer
Ces victimes de première ligne
Des hélicoptères rasaient
La cime des arbres
Nous incitant à nous cacher
À intervalles irréguliers

L’odeur des aérosols humanicides
Nous a d’abord secoué de cris
Plusieurs se sont mis
À saigner du nez
Nous avons déchiré des trucs
Pour nous couvrir le visage

Pourquoi ces gens
Portaient-ils sur leurs dos
Des sacs bourrés de trucs
Des gadgets ignobles
Leurs portables tracés

Toute cette pacotille

Devenue obsolète
Vu nos circonstances?

Fut la dernière question
Qui me traversa l’esprit.

J’irai Crever dans un Champ

Nous crèverons les filtres

Défoncerons les cohues

Écraserons nos vices

Dans la liberté qui elle

Se creuse par le dedans

Quand la lumière s’insinue


Nous avalerons du bitume

Chiant de l »asphalte

Par tous les trous

Qui seuls nous restent

Dans l’ordonnance

Des micro-pucelles injectées

Aux résistants las


Nous marcherons à travers

La nuit

De notre chaos inspiré

Par le besoin de se trouver

Une veine

Pour shooter notre fin

Dans la face de Dieu.

Vive le Réchauffement

De toute évidence
Cette fanfaronnade de réchauffement
N’a pas été mise à jour
Par un Québécois

Ni même un gars du Kanakaka
Parce qu’ici nous sommes POUR
Nous en redemandons
Vive le réchauffement

Fini les pelles
Et les bancs de neige
Bordel de blanche merde
Depuis le temps

Qu’on se les gèle
Amenez-en du réchauffement
Nos robots danseront
Un peu pas mal de cancan

Nous irons dans Gaargle
Le hurler sur les blogues
Vive vivement que ça chauffe
Nous verserons des impôts

Nous y soignerons
Nos pensions disparues
Nous enverrons nos enfants
Mourir en Alaska

Nourrissant la matrice
Pour un peu de réchauffement
Climaxique.

20h43 Samedi

Clin d’oeil Militaire à notre Enfer

Du club select des 1000 Watts

Lasers puissants pulsant sous silence

Des qu’on a Testé dans d’autres coins

Sous le couvert de la Mondialisation du Progrès

Du progrès mais pour qui?

Quand je vous dis deux plus deux

Qu’est ce que vous entendez?

Ces armes foudroyantes nous sont destinés

En bonus aux Maitres de Science

Des disrupteurs protoplasmiques

Aux antennes armant terre et mer

Y aura-t-il d’autres samedis

Ou ne nous reste-t-il que

Quelques armes de poing

Avant la silencieuse détonation?


Terrifiés, souvenez-vous quand vous priez

Vous avez aidé ce monstre avec vos économies

Tout notre fric c’est là qu’il a sombré

Un demi-siècle et 7 minutes

Avant de nous l’avoir extaxé.



Aveugles Devant la Création

Las et fatigué de gueuler
Crevé comme un tympan
Devant un boom sonique
Que personne ne perçoit
Car cela nuit au luxe
Du silence de sourd
Imposé et maintenu
Comme statu quo
De victimes en crise
De bourreaux

Pas un pour sauver l’autre
Alors que tout
Fout le camp
Et que le ravin
Juste sous nos pieds
Prend des airs de vacances
Tranché telle jugulaire
Dans le sang
Qui coagule
À mes lèvres

Écoeuré d’entendre parler
Que de Téléinfirmerie E.T.
Alors que les molécules
De nos êtres se désagrègent
Abattu par le trou
D’une nonchalance
Si programmée depuis l’enfance
Que seula la fiction
Du confort stérile
Et tellement superficiel
Ne tient lieu de réalité

Dégoutté de voir
Personne réagir
Devant le génocide
Auto-proclâmé
De toute valeur humaine
Vide de larmes
Devant le journal
Des atrocités commises
Contre de l’Air

Écrasé par l’ignorance
De notre propre sens
Pourtant rempli
Des caresses de l’esprit
Qui coule de la Création
Tourneboulé par la peur
De faire face
À son propre miroir
Comme si cela était
Au-dessus de nos forces
De se responsabiliser
Intégralement
Et de remettre les horloges
À l’heure du renouveau
Par la fracture totale
Irrémédiable
Et sans conditions

Je ne crois pas au monde
Ni à votre humanité
Telle qu’elle se déploie
Toute carences et déni
Confondus

Tout étant tellement différent
Depuis que je sais savoir
Que je me tue à vous le secouer
Dans le crâne
Incapable de se resaisir
Devant sa propre débilité
Sa paresse devenue congénitale
Son refus de marcher debout
Telle une pensée qui se pense

Seul hélas et à jamais
Dans mes retranchements
Sur la seule voie
Qui reste possible
Devant le réel
Et son impossibilité
Technique

Je sais pourtant
Que je suis…

De la même façon, il n’est pas nécessaire de déterminer tout ce qui est nécessaire à la réalisation d’un désir. Il suffit d’identifier le désir et d’y ajouter le montant minimal de coopération focalisée requis pour mettre le processus en mouvement pendant que vous soutenez l’intention de faire l’expérience du désir. On dit souvent qu’une personne a besoin d’être certaine qu’elle veut ce qu’elle pense qu’elle veut. Bien des gens ont souvenance de pensées ou de déclarations fortuites qui leur ont apporté des expériences aux conséquences inattendues. L’aspect créatif qui nous habite écoute et prend les pensées et les déclarations dans leur sens littéral, surtout si l’intention momentanée est sincère et supportée par un élan émotif.


Prise deux

Étale sur la grève d’un océan de draps

L’apparition chair d’encre git nue

À l’abri de l’insondable clapotis

Elle tance l’aventure du jour

Feinte abolition

Sa condensation irréfutable

Décante la liqueur de mes pensées

Ses cicatrices autrefois des ailes

Délestent leur chargement exceptionnel

Ses membres se soulagent

Du poids d’enclume de leur passé

Elle se recharge d’aurore naissant

D’un afflux de revirements.


Extrait LES ALENTOURS

1997, Écrits des Forges

Dans Mes Gènes

Je dirais d’abord à ceux qui peuvent

Encore m’entendre

Que nous sommes vraiment parfaits

Avec notre bullseye* dans le dos

De nos chapeaux de cowboys à carreaux

Par contre j’ai bien peur

Que la marionnette a trop pressé

Sur le citron

Que la comédie tragique

A par trop duré

Et qu’à la prochaine incartade

Les conséquences seront des ripostes

Par ennemi no.1 de l’humanité superposé

Une fracture dans l’hologramme

De la démocratie démoniaque s’ensuivra

En phase de démolition accélérée

Une civilisation au bout de son orbite

En attendant le feux d’artifice cosmique

Et autres suggestions post-traumatiques

Laissées en séquelles

Depuis nos ancêtres dans mes gènes.

(*Angl.:cible)

Mon Coeur

Une porte défoncée de plus

Ou une fructueuse limite de moins

Là n’est plus la question

Dans ce fichu casino de la terreur

Aux tours de passe-passe

Plus lents que la magie au ralenti

Dans les émissions de Lost Végasse

Je suis seulement ravi que

De l’ablation dans l’ordre du grandiose

Lors de la rengaine de tous les dérapages

Insoumis aux lois des blancs

Quand tout est dit

Que les comptes sont défaits

Sur le couvre-lit des pauvres

Que je ne suis pas le coupable

Des pertes de substance sociale

Je souhaite de tout cœur ma chérie

Qu’il me subsistera en poche

Suffisamment pour épingler la note

Sur le cœur de l’épicerie

Et les couches du petit

Il se peut que je parte aujourd’hui

Il se peut tout aussi bien

Que je reste et que je sois

Désormais virtuellement parti

Ô ma douce ma chérie

Quand tes larmes couleront

Une fois de trop encore tu diras

Sur ma douleur d’âme soeur

À la méchanceté croissante

Et aux petits déjeuners

Loins des croissants

Et mon cœur là dedans?

6 Nov.07 – Mtl.

Revenir d’Exil

 » Revenir d’exil comporte des risques

Comme planter une aiguille… dans un vieux disque

… Au moins si le vent

Pouvait se lever

Au moins Je saurais

Par où aller  »

Richard Desjardins


Retour d’exil

Les deux épaules contre le bois franc

Le péteux sur la tempe

Dans la salle de presse

Je prends ma décision peut-être finale

Le 4-5-0 gagne

Au pays des référendum accidentés

Comme un tout nu

La poche entre les mains

Je rentre en me faufilant

Serpent qui se repose

Entre les arbitres

Pendant qu’il fait chaud

L’hiver a chrissé son camp

Pas dur à croire

À voir les filles qui prouvent

Avec le strip d’un coup sec

Que le nouveau taux d’humidité

Entre les slow qui trainent

Collés comme des gommes bazooka

Et des horribles souvenirs

De pénitencier

Et de l’hiver du verglas

Que rien ne retourne à rien

Puisque rien ne vient de rien

Il est grand temps d’organiser

Une réunion

D’égo à égo.

Longueuil, 25.06.08